Séminaire "Anthropologie et Décentrements"

Houchang Guilyardi

L’inflation imaginaire considérable devant le bouleversement. virologico-polémique, socio-hygiéniste, économico-politique, etc...actuel nous incite à l'intégrer dans nos réflexions et nos rencontres.

Nous consacrerons ainsi les trois prochaines séances du séminaire «Anthropologie et Décentrements"  à ouvrir différentes  questions autour de l'épidémie , "les épidémies" ...

Discussion diffusée par zoom
Participation aux frais demandée

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 « Le programme d’enseignement pour l’analyste reste à créer, il doit comprendre comme matières, aussi bien les sciences de l’esprit, la psychologie, l’histoire de la civilisation, la sociologie, que l’anatomie, la biologie et l’histoire de l’évolution.
Si, ce qui aujourd’hui encore peut paraître fantastique, on avait à fonder une école supérieure de psychanalyse, il faudrait y enseigner bien des choses qu’enseigne également la Faculté de médecine : à côté de la psychologie des profondeurs qui resterait toujours la partie principale, une introduction à la biologie, dans des proportions aussi grandes que possible la science de la vie sexuelle, une initiation aux tableaux cliniques de la psychiatrie. Par ailleurs, l’enseignement analytique engloberait aussi des spécialités qui sont étrangères au médecin et qu’il ne rencontre pas dans son activité professionnelle : histoire de la civilisation, mythologie, psychologie des religions et littérature. »

Sigmund Freud.
La question de l’analyse profane Gallimard, 1985. " Die Frage der Laienanalyse" (1926)


Les 2èmes mercredis du mois de 10h00 à 12h30, à partir d’octobre 2019 au local de l’APM
19 rue de Tournefort, 75005 Paris ( métro Monge)

Comme Freud nous y invitait, nous nous porterons vers des horizons inhabituels, voire inattendus, des questions anciennes ou actuelles, pour élargir notre champ de vision et bénéficier d’autres compétences.
 
Clinique, livres, expériences, théories, métapsychologie.

9 décembre 2020

"Une expérience de la Covid-19 en gériatrie" , par le Dr.Véronique Lefebvre des Nettes

Véronique Lefebvre des Nettes est psychiatre de la personne âgée APHP, Docteure en Philosophie pratique et Ethique médicale UPEM-UPEC, Chercheure associée LIPHA UPEC EA 7373, Co-directeure du département de recherche Ethique Biomédicale au Collège des Bernardins.

La pandémie due au Coronavirus SRAS-COV 2 est venue lourdement et brutalement (dès le 10 mars dans mon hôpital gériatrique) s’abattre sur les personnes âgées institutionnalisées et en particulier celles atteintes de la maladie Alzheimer : d’une part du fait de l’impossibilité d’empêcher les malades de déambuler et d’accepter de porter un masque, et d’autre part du fait de ne plus voir leurs proches ou de se retrouver confinés loin de leurs lieux de vie habituels. Cette situation inédite a ajouté du tragique au tragique.  Tragique des malades d’Alzheimer, atteignant les mémoires, engageant et altérant l’être, le langage, la communication. Tragique du silence sociétal des sujets âgés morts de la Covid-19 qui ne comptaient pour rien puisqu’il a fallu attendre au moins 15 jours pour en connaitre l’ampleur (aujourd’hui plus de 15 000 morts). Tragique de ces morts dans la solitude, privées des leurs et de rituels culturels et cultuels.  

Partant de mon expérience de terrain, puisque gérontopsychiatre depuis 35 ans dans un grand hôpital de près de 1000 personnes très âgées et dépendantes, j’analyserai et discuterai avec vous cinq dilemmes éthiques soulevés par cette crise sanitaire sans précédent.  

- Le critère d'âge (les plus de 70 ans) et la priorisation pour l’admission en réanimation. 

- Les gestes barrières: comment communiquer avec les masques et sans toucher avec les malades d’Alzheimer ? 

- Le confinement et privation de liberté d’aller et venir. 

- L’arrêt des visites et le syndrome de glissement. 

- Enfin les soins palliatifs et la fin de vie sans les rituels et la possibilité d’accompagner.


18 novembre 2020

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"Les épidémies, fléaux de l’Humanité"

par Patrick Berche

Patrick Berche, est Professeur émérite de l’Université de Paris. Ancien chef de service de l’Hôpital Necker-Enfants malades, il est spécialiste en microbiologie. Il a été Directeur Général de l’Institut Pasteur de Lille. Il est Membre de l’Académie Nationale de médecine.

Les épidémies résultent des interactions complexes entre un agent infectieux, une population et l’environnement. Les agents infectieux « nouveaux » proviennent très souvent de réservoirs sauvages. Parmi les fléaux de l’Antiquité, la peste bubonique a frappé les esprits de façon durable, entraînant une remise en cause considérable de toutes les valeurs à l’origine de la Renaissance. L’épidémie de lèpre au Moyen Âge a aussi des conséquences importantes en stigmatisant et ostracisant une partie de la population.  À la Renaissance, la découverte du Nouveau Monde a entraîné l’importation en Europe de la syphilis, une maladie inconnue sexuellement transmissible, et l’émergence de la variole en Amérique, un mal qui a décimé la population amérindienne. À l’ère industrielle, on a vu sévir de nombreuses épidémies au cours du XIXe siècle, notamment le choléra et la fièvre jaune. L’époque contemporaine a été surtout marquée par le cataclysme de la grippe espagnole en 1918 puis par l’apparition du sida en 1981. Aujourd’hui la Covid-19 s’est répandue dans le monde entier par transport aérien et entraîne des dégâts psychologiques et économiques considérables à l’origine d’une pauvreté accrue.

Il faut souligner en conclusion d’une part l’importance de l’impact psychologique des épidémies et d’autre part la grande fragilité de notre monde en pleine expansion démographique sans respect de l’environnement.

14 octobre 2020

Nous recevons le Docteur Nicole Delépine, Cancérologue, ancienne cheffe de service de cancérologie pédiatrique à l' Assistance publique-Hôpitaux de Paris.

11 mars 2020

"La réduction du corps à l’objet. Que peut en dire la philosophie ? "


Thierry du Puy-Montbrun est médecin spécialiste des maladies de l'appareil digestif et docteur en philosophie pratique de l'Université Paris-Est. Auteur de La confusion des corps. Les risques du tout-scientifique en médecine. Éditions Connaissances et Savoirs, 2017



La pratique médicale montre que la maladie se substitue au malade, que le corps n’est plus qu’un objet de science oubliant que c’est l’homme lui-même qu’on abandonne à ce processus réducteur. Le corps n’est pas entendu, la science est sourde à son langage. 

Le but de cette présentation est de se demander comment on en est arrivé là, à cette exterritorialité radicale du corps qui va jusqu’à remettre en question le fondement même de notre humanité. Il faudra interroger la philosophie pour essayer de comprendre l’élaboration d’une pensée qui, confondant réel scientifique et totalité du réel, méconnait le « corps-chair », ce « corps-de-vie » qui spécifie l’être au monde de chacun dans sa singularité radicale.

5 février 2020

"L’Iran achéménide, 550-330 avant notre ère. Un peu plus qu’une curiosité orientale"


Par Clarisse Herrenschmidt, archéologue, historienne de l'antiquité, philologue et linguiste.

Clarisse Herrenschmidt, chercheur CNRS (en retraite) a travaillé sur l’Iran ancien et en particulier sur les inscriptions achéménides en vieux perse, mais aussi sur la religion des Achéménides (550 – 330 avant n.è.), sur la parenté, les relations gréco-perses et l’histoire des études iraniennes. 



Elle a publié de nombreux articles dont

- « Entre Perses et Grec, I. Démocrite et le mazdéisme. Religion, philosophie, sciences » 

- « Le xvetodâs ou ‘mariage incestueux’ en Iran mazdéen » 1996

- en coll. avec Jean Kellens, La Question du rituel : le mazdéisme ancien et achéménide. 

 Ses ouvrages concernent l’histoire de l’écriture de l’invention en Mésopotamie (3300 avant n.è.) à l’Internet, où l’Iran achéménide est inclus.

- J. Bottéro, J.P. Vernant, C. Herrenschmidt :  L’Orient ancien et nous. L’écriture, la raison, les dieux . A. Michel 1996, diverses rééditions (en solde chez Amazon).
- C. Herrenschmidt : Les trois écritures. Langue, nombre, code. Paris Gallimard 2007. Prix Georges Dumézil 2008 de l’Académie française ; Prix Georges Picot de l’Académie des Sciences morales et politiques.

13 novembre 2019

"Les climats de la terre"


Par Gilles Ramstein, directeur de recherches CEA au Laboratoire des Sciences du Climat et de l'Environnement (LSCE) et paléoclimatologue. Spécialiste de la modélisation des climats du passé, il s'attache à comprendre comment la paléoclimatologie permet d'éclairer les changements climatiques actuels.

L’histoire des climats de la Terre est d’autant plus difficile à reconstituer que l’on s’éloigne dans le temps. Nous allons néanmoins plonger dans l’histoire de notre petite planète jusqu’à environ 4 milliards d’années. Cette histoire est un écheveau de processus physiques dominants à différentes échelles de temps, mais toujours imbriqués. On peut représenter cette évolution comme une valse à quatre temps. 

Celui du milliard d’années, où c’est essentiellement l’évolution de la luminosité du soleil qui l’emporte, puis à l’échelle de dizaines de millions d’années c’est la tectonique des plaques qui, par son effet sur le climat et sur la teneur en CO2 atmosphérique, va jouer un rôle prépondérant. Enfin, le troisième temps de la valse classique est celui de la variation des paramètres orbitaux à des fréquences de la dizaine à la centaine de milliers d’années. Le quatrième et ultime temps est celui de l’Homme qui, en quelques centaines d’années à peine, s’est glissé au rang d’acteur majeur du changement climatique. Dans cet exposé, nous vous convions à un voyage qui montre comment à ces diverses échelles de temps le climat terrestre a pu être régulé et comment l’Homme déstabilise cet équilibre en un temps extrêmement court.

9 octobre 2019

"Changement climatique et impacts: quels choix pour quels risques ?"

Par Eric Guilyardi, océanographe et climatologue, Directeur de recherche au CNRS, membre de l'Institut Pierre Simon Laplace


Le climat de notre planète change de plus en plus vite et, cette fois, c’est l’activité des hommes qui en est la cause principale. Mais comment les scientifiques s’en sont-ils rendu compte ? Sont-ils sûr d’eux ? Et entre émissions de gaz à effet de serre, déforestation et autres conséquences de l’empreinte humaine, qui est responsable de quoi et où ? Quelles sont les conséquences de cette modification majeure sur l’environnement et sur nos sociétés ? Et quels sont les risques que nous prenons, suivant les choix que nous ferons ? Autant de questions abordées lors d’un parcours accessible et néanmoins scientifique sur le fonctionnement de la machine climatique, les rôles respectifs de l’atmosphère et de l’océan, les sources de variation du climat, le cycle du carbone et autres rouages du climat de notre Terre. Forts de ce contexte nous pourrons, dans un second temps, échanger sur les défis et les opportunités qui se présentent pour, en toute connaissance de cause, agir afin de limiter l’impact de l’homme sur son environnement.